Le vote blanc est l’arme qui permet à l’électeur de rejeter l’intégralité de l’offre politique tout en montrant son intérêt pour le débat public. Bien trop dangereux pour l’hyper-classe, il a été écarté de toutes les lois électorales françaises depuis 1852. Là où l’abstentionniste n’est pas intéressé, ne croit plus en rien ou est en weekend chez ses beaux-parents, celui qui vote blanc est insatisfait et exprime sa soif d’autre chose. Le vote blanc c’est le droit ne pas être d’accord. Aujourd’hui après 20 ans de débat acharné et 26 commissions parlementaires, il refait son entrée fracassante dans notre vie électorale : Zoom sur un mirage républicain.
LA REFORME
Ils sont venus, ils sont tous là. Les médias sociaux-démocrates nous ont vendus la réforme du 1er avril 2014 comme le marchepied de la révolution par les urnes dont nous rêvons. A partir des prochaines élections (les européennes) les analystes d’IPSOS pourront s’en donner à cœur joie dans la dissection d’un nouveau chiffre : le nombre de votant blanc. Pas de mièvre enthousiasme néanmoins puisque les bulletins blancs ne seront pas comptabilisés dans les suffrages exprimés. En claire le vote blanc n’est toujours pas une opinion, juste une nouvelle manière de s’abstenir. Voilà donc une nouvelle réforme pleine de promesse qui ne touche à rien. Je me suis permis de prendre un graphique réalisé par le « Parti du vote blanc » qui résume parfaitement la situation.
Si le vote blanc peut être un indice démocratique fort en dessinant réellement les contours de l’adhésion populaire à tel ou tel mouvement politique, un vote blanc non compté dans les suffrages exprimés n’emporte enfaite aucune réalité juridique ou politique. Insuffisant, bien trop insuffisant et très révélateur du repoussoir que représente l’arme de destruction massive populaire qu’ils sont incapables de nous accorder, trop inquiet que l’on remarque leur vrai légitimité électorale. Rajoutons anecdotiquement que la réforme ne concernera de toute façon pas l’élection présidentielle pour laquelle rien ne change.
DIMANCHE, CHOISISSONS
Alors pour tous ceux qui seraient quand même tentés d’user de leur nouvelle prérogative démocratique, sachez que la politique de l’enveloppe vide n’est pas bonne à décliner dans toutes les élections. Il est fondamental que nous ayons accès à cet outil mais il serait catastrophique de l’utiliser ce dimanche. Car dimanche il faut choisir : Pour ou contre le transatlantisme, pour ou contre le marché commun et le transfert de souveraineté des peuples au secteur privé. De l’avis de nombreux parlementaires européens, leur rôle décisionnaire au sein des institutions de l’Union est bien maigre, et on peut le déplorer. Mais en 2015 leur présence prendra tout son sens. Leur approbation est l’étape nécessaire préalable à la consultation des parlements nationaux sur la question du TAFTA. Strasbourg sera alors la capitale européenne de la résistance démocratique. Et dans ce combat il ne peut y avoir de neutralité, il faut choisir son camp. La résistance contre le cambriolage supranational ou l’enthousiasme malsain pour ce viol démocratique. Face à cette histoire immédiate l’abstention est la pire des démissions mais le vote blanc ne reflèterait qu’une mauvaise compréhension des enjeux de ce scrutin. On ne peut laisser décider les autres à notre place au risque d’être tous muselés par la bande à Goldman Sachs.
Dimanche nous sommes aux commandes et nous devons choisir, sans même une hésitation, une liste anti-Traité. Nous ne pouvons démissionner de nos responsabilité citoyenne, ils n’attendent que ça, ne leurs donnons pas ce plaisir. Ne leur laissons pas nous infliger l’atlantisme comme dogme et le libre-échangisme comme religion. Il est encore temps de scruter les différentes listes de votre circonscription et conditionner votre choix sur le seul sujet qui importe pour cette élection. En résumé OUI au vote blanc, mais pas dimanche. Dimanche nous votons clairement NON.
Coron.
Source du graphique: Citoyens du vote blanc (www.citoyens-du-vote-blanc.eu) mouvement politique présentant des candidats aux élections européennes 2014 qui nous permettent généreusement d'user de leur exemple malgrès notre différend quant à l'attitude électorale à observer ce dimanche.